24 octobre 2007, déjà une semaine. Le temps est tristounet. Comment commencer le récit ? Je sais que vous attendez tous avec impatience des nouvelles de Lucette mais voilà, je manque de mots ce matin et, le croirez-vous, de temps. Lucette et Lennart sont partis à l’aube pour descendre la Rivière Rouge en raft avec Annick et Derek et quelques-uns de leurs amis. J’ai décliné l’invitation d’abord parce que j’avais besoin de me recentrer (un peu de solitude me fera du bien) et aussi parce que je suis un peu moumoune : levée du corps à 6 heures, départ sans déjeûner, retour en toute vitesse pour que Lennart ne soit pas en retard à l’aéroport, il fait froid, je n’ai pas les vêtements appropriés, de bonnes raisons pour rester au lit… Dimanche. Nous partons pour Lefaivre pour faire l’échange : Marie partira avec Benoit pour Ste-Brigitte et nous ramènerons Jason et Lyne à Ottawa pour leur départ vers Sioux Look-out. C’est un dimanche magnifique. On se croirait en été. Nous nous rendons au terrain que Lyne et Jason ont acheté à Vankleek Hill pour y construire une maison. Tout est gigantesque : le terrain de 120 acres mesure 500 mètres en façade et 2 kilomètres en profondeur, la fondation existante peut accueillir une maison de 3000 pi carrés (un seul plancher…!). Il fait si beau que nous suons dans nos vêtements d’automne. Nous cheminons dans cette forêt qui leur appartient et découvrons semés ici et là des morceaux de bâtiments, des centaines de briques qui attendent qu’on les utilise, de grosses machines jaunes, un peu rouillées, qui semble-t-il, fonctionnent toujours, un immense silo en béton, des champs abandonnés. Dans la tête du père de Jason, ancien propriétaire de la ferme, dansent des centaines de plans de toutes sortes mais malheureusement, après avoir fait quelques tours de manège, les projets sont laissées en jachère et remplacées par d’autres. Nous marchons et ça sent bon l’humus et le soleil, et l’air de la campagne nous fait du bien. Lyne m’avoue qu’elle a bien de la misère à retourner travailler dans le nord. Si tout va bien, Jason commencera la construction de la maison au mois de mai. De retour à la maison, la soirée se déroulera en anglais. Je parle peu comme vous devez bien vous en douter; Lennart et Lucette font la conversation en se racontant de vieux souvenirs. Lundi. Téléphone à Derek. Nous partons vers La Rouge mais auparavant nous donnons quelques coups de téléphone pour commencer à débroussailler les affaires que nous devrons régler suite au décès. Nous passons prendre Lucile qui est très heureuse de nous accompagner et nous nous rendons à la cabane de Derek à Légerville. Nous passerons encore une fois une formidable journée à marcher dans les feuilles mortes, à canoter pour traverser la rivière Rouge, accompagnés d’Annick et de Luna, la chienne Husky. Nous nous rendons à un endroit le long de la rivière, nommé La Planche à Laver parce que la rivière y est tumultueuse (voir les photos de Lennart que j’ai publiées dans mes albums) pour y voir descendre Luc et Derek en kayak. Nous allons tous les six souper chez Lili. C’est Lucette qui nous ramènera à la maison, Lennart et moi tandis que Derek et Annick ramèneront Lucile. Mardi. Il pleut. Nous passons la journée à travailler dans la paperasse et nous avons rendez-vous avec l’avocate à 15h30. Nous sortons de chez elle à 17h00 mais nous en avons beaucoup appris sur les procédures de testament en Ontario. J’ai les cheveux gras tellement j’ai du me concentrer pour comprendre ce qu’elle disait… Heureusement que j’ai des notions de finances, d’impôts et de succession, que l’avocate parlait un anglais compréhensible et qu’elle avait des dons de teaching parce que je crois bien que j’en aurais perdu mon latin. Bon je comprends maintenant un peu mieux ce que nous devons faire et j’ai confiance que, comme le testament a été bien fait, Lucette n’aura pas de difficulté à régler la succession. Vers 6 heures, nous récupérons Lennart au Centre Rideau et nous finissons par arriver à la maison. Nous décongelons deux contenants de couscous à l’agneau (merci Marc et Natalie) car nous aurons de la visite : Guy, un ami d’enfance de Lennart. Je sens bien que Lucette est fatiguée mais elle restera debout jusqu’à 10 heures et trouvera des vêtements pour la randonnée en rafting du lendemain pour Lennart et pour elle. J’ai peur qu’elle ne s’épuise ma belle Lucette; son énergie est plutôt basse. Nous n’avons pas parlé vraiment sauf quelques phrases hier dans l’auto dans le trafic du retour à la maison sur le chemin de retour en revenant de notre rencontre avec l’avocate. Elle m’a avoué avoir bien de la difficulté à se retrouver. Et comme je la comprends… Ça n’a pas vraiment arrêté depuis deux mois ! Nous pourrons commencer à relaxer demain, c’est la grâce que je nous souhaite. Quant à moi, je vais bien. L’anglais me sort par tous les pores de ma peau. J’ai au moins une dizaine de piqüres près du poignet droit (ça pique, Cécile…). Je vais continuer à faire un peu de ménage… dans les papiers et souhaiter que Lucette ne revienne pas épuisée de sa descente de rivière. Ste-Brigitte et mon voisin me manquent et ma blonde encore plus. Je serai de retour au plus tard le 30 octobre. Le 31 est un jour qu’il faudra marquer d’une pierre blanche. C’est l’automne à Pékin.
Pour les photos de Lennart, clique ici: http://picasaweb.google.fr/Maripilise
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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage... Nous sommes à la maison depuis hier vers 15H00 et depuis, nous travaillons commes deux petites abeilles pour refaire notre nid pour la visite qui s'en vient. En parlant d'insectes, nous avons été confrontées ce matin à la destruction des structures de bois qui supportaient nos mangeoires d'oiseaux. Comme le bois était pourri, les structures sont tombées et des centaines de fourmis s'y étaient installées et profitaient du fait que nous devions débiter les troncs pour nous grimper sur le corps... Wouachchsssssssss... Totalement dégueulasse. Outre ce petit épisode désagréable, tout se passe bien; la nature a repris sa place et Marie travaille sur le terrain à nettoyer les plantes pour qu'elles soient belles et en santé. L'eau de la piscine est encore froide (c'est pas ben chaud dans ce pays-là...) mais elle est propre. Notre voisin a bien pris soin de notre domaine, il a même planté quelques fines herbes dans le jardin. Bon je vous laisse. A bientôt mes amis... Nous avons hâte de vous revoir.
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29 juin 2007, il est 18H00 et nous roulons encore vers Belleville, Ontario. Nous avons du faire quelques changements à l’horaire. Dès notre sortie de Lansing, Michigan, nous avons été retardés par un embouteillage causé par un accident (on perd environ 45 minutes); nous passons tout de même aux douanes assez rapidement et pour sauver encore un peu de temps, nous arrêtons dans un Burger King pour le lunch. Nous avons encore plus de 400K à parcourir pour arriver à destination, Presqu’ile Provincial Park ou nous avons prévu la dégustation d’une bouteille de Cabernet Sauvignon de la Vallée de Napa que nous avions acquise au vignoble Beringer. C’est notre dernier soir ensemble et on veut célébrer ce magnifique voyage. Peu après le départ, comme nous roulions sur la 401, nous sommes arrêtés par ce qui semble être un autre embouteillage; Cécile qui est au volant de l’Escargot que nous suivons, change de voie et se range sur l’accotement; je la suis avec le Kokomali. Pierre nous avise par Walkie-Talkie que le West a un problème. La transmission ne veut plus fonctionner… Nous restons avec eux une quinzaine de minutes (de toutes façons, c’est l’arrêt total pour tous les véhicules, il doit y avoir un blocage important plus loin); Cécile téléphone au CAA et on leur dit qu’ils verront la dépanneuse d’ici 45 minutes. Puisque nous ne pouvons être d’aucune utilité et que la bretelle d’accès à la 403 n’est qu’à quelques mètres, on se donne des grosses bises et on fait demi-tour comme tous les automobilistes qui en ont la chance. Fin plutôt abrupte… On aura des nouvelles chez Lucette à Ottawa demain. Nous roulons toujours vers notre destination première. Il nous faudra plus de 2 heures pour traverser Toronto. Je suis au volant et je me félicite d’avoir choisi d’habiter dans une ville à dimension humaine. Nous arriverons dans un très beau parc Ontarien vers 19H00, l’heure du réveil de la moustique. Des côtelettes de porc aux légumes accompagnées d’un Meridian, Cabernet Sauvignon, un peu de lecture et un bon dodo et nous serons prêtes pour repartir le lendemain vers Ottawa.
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25 juin 2007, sur la route du retour; départ de Cortez, Colorado, près du parc de Mesa Verde Comme l’ont dit Yves et Denis dans leur blogue, le KOA de Cortez est un beau camping : piscine très chaude, buanderie, salles de bains propres, une décoration au mur de chaque cage de toilette et musique douce en entrant; sur notre site, un arbre pour l’ombre et la chaleur est moins intense la nuit. Une rareté : quelques moustiques qui piquent. Nous nous dirigeons présentement vers Denver, Colorado. Nous essaierons de dépasser la ville pour ne pas avoir à subir la circulation matinale demain. Nous avons programmé une journée d’environ 650 K. Si tout va bien nous serons à Québec dans la première semaine de juillet après un arrêt à Ottawa pour une visite de la parenté. Marie vient de prendre le volant, il est 11H00, nos West et nos oreilles peinent dans une montée de plusieurs kilomètres. Vitesse de croisière : 50K, la montée est abrupte. Le paysage est totalement différent : une belle petite rivière coule en cascades à ma droite, parfois un pêcheur y lance sa ligne, d’immenses conifères se tiennent en rangs serrés dans la montagne, il y a quelques minutes, il y avait de la neige dans la forêt au bord de la route. Nous sommes dans la région du Rio Grande National Forest. Ici tout est vert. Il y a une heure, en sortant de Pagosa Springs, nous avons coller le pare-brise avec du « duck tape » et nettoyer le tableau de bord et les carpettes du véhicule des petits éclats de verre; un gros caillou nous a dessiné une étoile dans le bas du pare-brise. Notre réparation devrait tenir jusqu’à notre arrivée à Québec. Le camping choisi en consultant la carte était enclavé entre l’autoroute et la voie ferrée. Nous rebroussons chemin et continuons notre route même s’il est 18H00. On décide de souper au restaurant et de nous arrêter dans un autre camping si nous voyons une affiche sur la route ou au prochain Wal-Mart pour un « squat » . Nous arrêterons vers 20H00 au camping municipal de Brush, une petite agglomération sur le bord de l’autoroute. Le premier soir est gratuit. Il y a toilettes, douche et électricité. Incroyable… Un petit inconvénient tout de même : la douche et les deux toilettes n’ont pas de portes et sont situées dans la même pièce; des murs les séparent de sorte que nous ne sommes pas obligées de trôner en regardant notre voisine, inconnue ou non. 26 juin 2007 a.m., en route au Nebraska pendant que Marie conduit. Je reviens sur notre mémorable visite du Parc de Mesa Verde. Il s’agit d’un parc archéologique ou l’on visitera des maisons construites à même la falaise il y a 700 ans par les indiens Pubeblos (Anasazis). De loin, on dirait des châteaux de sable. Ces maisons ne se visitent qu’accompagnés d’un « ranger » qui nous guidera tout au long des deux parcours choisis. Il nous contera avec beaucoup d’humour l’histoire de ces hommes d’une autre époque. Nous commençons par visiter « Balcony House ». Claustrophobes et cardiaques s’abstenir. Le guide du parc ne ménage pas ses mots pour nous avertir du danger; une chance que Pierre ne comprend pas la langue anglaise. Il semble même que deux personnes soient mortes d’infarctus cette année…! « N’est-ce pas un peu exagéré? » me dis-je. En tout cas, on n’est pas venu ici pour faire les moumounes… ou si peu… Les vendeurs de billets pour l’excursion semblent s’être assurés qu’aucune personne ayant un auguste postérieur ne fasse partie du groupe. Je ne rigole pas. Pendant la randonnée, outre le fait que nous grimperons des échelles et des marches très à pic dans une chaleur ardente, il faudra aussi se glisser à genoux dans un tunnel d’une longueur de 12 pieds, dont le diamètre est de 18 pouces. Ils appellent cette visite « Indiana Jones Tour ». Au moins j’ai le chapeau approprié (voir photos). Vous verrez aussi que les barreaux des échelles sont peints en blanc pour qu’on puisse s’y retenir sans trop se brûler les mains. Finalement, nous nous en tirons tous comme des champions, même Pierre qui n’a pas eu à changer sa couche une seule fois (inside joke). La deuxième visite « Cliff Palace » que nous ferons dans l’après-midi est plus facile. Nous avons adoré notre journée; c’est un des coups de cœur de Cécile pendant ce voyage. 26 juin 2007, p.m. 17H00
Nous approchons de notre destination, déjà plus de 550K parcourus. Encore environ 80 et nous verrons le camping que nous avons choisi au hasard. |
22 juin 2007, Hier, Marie et moi nous louons l’équipement nécessaire pour descendre une partie de la rivière Colorado : petit kayak gonflable, pagaies, vestes de flottaison et une corde pour attacher nos biens dans le radeau gonflable. Nous attachons l’embarcation sur le toit du Kokomali et nos amis se portent volontaires pour nous reconduire à l’endroit de la mise à l’eau du kayak et ramener le West, vingt kilomètres en aval de la rivière, là ou nous devons accoster à la fin de notre périple. La caméra dans un sac étanche, notre pitance dans un havresac rendu imperméable grâce à une poche en plastique épais, deux gallons d’eau dans une urne bénie par Pierre et Cécile, nous entamons la descente de la Colorado après un petite prière au Dieu Poseidon. Il y a des nuages dans le ciel, nous sommes contentes car il fera autour de 104F à l’ombre selon la météo annoncée; on a beau avoir les fesses dans l’eau, un chapeau pour protéger ce qu’on a de plus précieux, des lunettes de soleil et de la crème solaire sur toutes les parties du corps exposées à l’air, on peut dire que ces chaleurs sont un peu incommodantes. Aucune chance de souffrir d’hypothermie. Le courant est fort et les rapides sont plus vigoureux que promis, nous sommes aux oiseaux; je suis à l’avant et la première vague m’a complètement détrempée. « Yabadabadou… », nous chevauchons les rapides, pagayant à gauche, à droite et riant comme des enfants. Ça swing comme c’est pas permis. Je ris tellement que j’avale parfois une grosse gorgée d’eau. Oubliez les manèges d’Expo-Québec, rien ne vaut le plaisir d’une descente de rivière aussi vivante dans ce panorama exceptionnel. Après les trombes d’eau, il y le calme tranquille de l’eau vive et le silence des rochers qui nous entourent. Nous rencontrons de gros canots gonflables d’expédition d’un jour et nous nous laissons dépasser, nous accostons pour le lunch le long d’une petite plage ou nous sommes seules au monde dans ce décor magnifique à part quelques sandpipers. Au loin, nous apercevons trois drôles d’embarcations; on dirait des « rafts » chargés de bagages et nous voyons dans le milieu un parasol ouvert. Il s’avère que ce sont des familles, homme, femme, enfants et chiens qui ont décidé de faire une descente d’environ quatre jours; lorsque nous sommes à leur hauteur, nous les abordons, faisons connaissance (Marie leur parle et je les photographie…), un dernier salut à nos « hippies » aquatiques et nous repartons vers d’autres rapides. Petit paragraphe spécialement pour mon beau-frère et voisin préféré, Benoit. Pendant le parcours de la rivière, Marie s’est allongée comme un lézard au soleil sur les tubes du kayak pendant que je maintenais l’embarcation dans le droit chemin avec la pagaie. Lorsqu’un rapide arrivait, je secouais la marmotte endormie pour qu’elle me donne un coup de main. Je suis arrivée en sueur à destination et Marie, bronzée comme un beau morceau de chocolat noir à 72%. Tout le monde connaît mon faible pour une certaine friandise qu’on dit bonne pour la santé… Tu pourras en parler avec Cécile et Pierre, à l’heure du souper, je tenais à peine debout et je riais trop pour pouvoir embrocher correctement (c’est-à-dire comme Cécile le voulait) le poulet mariné. Alors, mon cher Benoit, tu devras changer tes paradigmes concernant mon comportement sur l’eau. Il est vrai que je ne suis pas la plus sportive des deux, mais pour une fois, je suis la seule qui se soit jetée à l’eau au milieu du courant et qui d’ailleurs a laissé aller la corde qui la retenait au kayak, petite bévue qui m’a donné chaud car j’ai dû revenir tant bien que mal rejoindre Marie dans notre petite embarcation. 23 juin 2007, Je reprends mon récit au lendemain de la descente du fleuve Colorado. Cécile et Pierre ont un rendez-vous pour un changement d’huile et nous décidons d’aller visiter Arches Park. Il semble que ce soit un endroit qu’on peut visiter en automobile et que seulement quelques courtes randonnées nous donnent accès aux arches les plus intéressantes. Nous décidons d’aller voir « Landscape Arche »; seulement 2.6K à parcourir sur un terrain plutôt facile, c’est de la petite bière nous disons-nous. Nous faisons même un détour pour voir « Pine Arch » et une autre arche dont j’ai oublié le nom. Nous parcourons le sentier sous un soleil de plomb, j’ai du sable de plage plein mes sandales, on dirait qu’on est sur le bord de la mer en enfer mais sans l’océan… On aurait du se méfier, cet endroit s’appelle Devil’s Gardens. Il n’y a jamais d’ombre et il fait si chaud que je suis certaine que mon cerveau se liquéfie sous mon chapeau d’Indiana Jones; je ralentis à chaque petite montée, je bois des litres d’eau…et je vire de bord avant d’arriver. Marie prendra les photos de cette arche. On se retrouve dans l’air climatisé du West et nous continuons notre visite en auto. Le soir au terrain de camping, il fait environ 31C lorsque nous nous couchons vers 22H00. Il semble qu’à Mesa Verde, il fera moins chaud. |
19 juin 2007, après le dîner. J’ai les oreilles bouchées. Nous grimpons la route d’Escalante dans l’Utah. Le Kokomali peine dans l’escalade mais ne surchauffe pas… tiens, Pierre a décidé d’arrêter pour faire soufller son Escargot. Marie est sortie avec la caméra et a rejoint Cécile et Pierre pour un arrêt venteux. Ma fenêtre est ouverte et mes cheveux volent au vent. Je serai décoiffée mais je ne crois pas que ça dérange qui que ce soit : je ne me suis pas peignée de tout le voyage. On repart. Le panorama a beaucoup changé depuis une dizaine de kilomètres. D’un paysage désertique, nous sommes passés à un chemin qui traverse une forêt de feuillus. D’ailleurs on passera, tout au long de notre périple, d’une extrême à l’autre : une température chaude le jour et très fraîche la nuit, des terres arides et rocheuses à de luxuriantes forêts, des cactus aux pins géants, de 2000 pieds à 9000 pieds d’altitude en bien peu de kilomètres, d’autoroutes à 14 voies à d’étroits chemins tortueux sans accotement qui caressent le précipice de chaque côté, il n’y a rien d’ennuyant dans ce parcours du sud-ouest américain. Comme vous pouvez vous en rendre compte, nous avons recommencé à rouler ce matin après un repos de trois jours et ce vers Arches Park; comme il y a plus de 400K à parcourir, nous nous arrêterons dans un camping pour la nuit. 20 juin 2007, juste avant de partir vers Moab Nous nous sommes couchées la tête dans les étoiles et nous nous sommes réveillées la tête dans le soleil levant. Nuit de rêves tranquilles et de chaleur agréable. |
17 juin 2007, 47ième journée loin de notre rivière. Nous avons décidé de nous payer du luxe pour trois jours au Ruby’s RV Campground à 2-3 kilomètres du parc de Bryce: douches chaudes non payantes (la dernière fois que j’ai pris une douche de 5 minutes, j’ai fini le corps plein de savon et j’ai manqué de « quarters » pour me laver les pieds), électricité et eau pour les deux véhicules, piscine et spa, connexion Wi-Fi. Coût 17$ par jour par véhicule. La température est idéale, plutôt frais la nuit et autour de 30C le jour. Nous avons visité tout le parc en voiture en faisant des arrêts aux View Point et pris encore beaucoup de photos; Cécile est fatiguée aujourd’hui, Marie et moi avons fait une petite randonnée sur le « Rim » et nous sommes revenus au site vers 16H00. Ce soir, souper au restaurant de l’hôtel, buffet du dimanche (pas aussi bon que nos repas du soir habituels. Demain Marie et moi, nous nous promettons une randonnée matinale. 18 juin 2007 Il faudra cueillir les mots bien près du cœur pour dire les émotions que nous a procurées la descente dans le canyon de Bryce. Je suis partie ce matin avec ma belle Marie, beaucoup plus tôt que d’habitude après un petit-déjeuner frugal : direction le « shuttle-bus » qui nous fera franchir l’entrée du parc et nous débarquera à Sunset Point pour débuter la route de Navajo et celle de Garden’s Queens. Nous descendons lentement profitant de l’air plutôt frais et de la couleur particulière du temps en ce petit matin à l’horizon démesuré. Nous ne sommes pas seules, d’autres pélerins nous accompagnent en silence presque, par respect pour la beauté des lieux. Plus nous descendons, plus les parois nous entourent et, loin de nous oppresser, elles nous font sentir la grandeur de ce que nous vivons. Peu de temps après le départ nous arrivons à une cathédrale, les marcheurs continuent leur chemin; nous arrêtons souvent pour respirer la magnificence des lieux, toucher les hoodoos comme si c’était des icônes, tourner la tête vers le bleu du ciel qui ce matin tire sur le marine, respirer un bon coup pour s’imprégner de la richesse de ce que la nature nous offre en ces lieux bénis. Nous continuons notre route, tournant la tête dans tous les sens, rencontrant à chaque détour une nouvelle sculpture, nous avons l’impression de parcourir les allées du plus beau musée du monde. Le temps passe très vite et nous sommes de retour pour dîner.
Je retourne vers mes amis et je reviens bientôt. Salut mes amis...
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15 juin 2007, Zion, parc national; il est 9 heures 13 et il fait encore 35C Dure journée pour une nouvelle ménopausée. Il fait chaud dès le matin. Hier en passant en Utah, nous avons perdu une heure et nous avons fait la grasse matinée. Quand nous sommes arrivés au parc national de Zion, nous avons trouvé un camping immédiatement. Nous sommes partis avec le « shuttle bus » et nous avons exploré les lieux, histoire de se faire une idée des randonnées qui pourraient être intéressantes pour le lendemain. Le paysage, comme toujours était magnifique et nous étions enthousiastes malgré la chaleur qui semblait augmenter au fur et à mesure que l’après-midi passait. Nous apprendrons le lendemain que la période la plus chaude de la journée se situe autour de 17H00 au moment ou les rochers qui nous entourent ont emmagasiné la chaleur du jour. Avant de souper, Marie et moi décidons de nous baigner à la rivière Virgin qui, dans notre camping ressemble plutôt à un ruisseau. Nous pouvons nous assoeir dans une petite cascade (environ 70cm d’eau) qui s’avère très rafraîchissante. De retour à notre site avec vue sur les montagnes de Zion, nous prenons une bière sous l’auvent que nous avons tiré et compte tenu de la chaleur, nous avons prévu un repas froid. Nous dormirons encore une fois la tête dans les étoiles, les portes du hayon arrière et du côté du véhicule recouvertes d’une moustiquaire. Il est 10H00, une légère brise s’est levée et nous avons confiance que la nuit nous offrira un havre de fraîcheur. A mesure que la nuit avance, on dirait qu’il fait de plus en plus frais; un vent à écorner les boeufs me réveille vers 3H00. Nous mettons nos lampes frontales, Marie et moi, et sortons en chuchotant pour ne pas réveiller les autres campeurs, pour fermer l’auvent avant qu’une bourrasque ne l’emporte avec elle. Malgré la canicule que nous avons subie la veille, nous dormirons, portes fermées, tout près l’une de l’autre, pour récupérer un peu de la chaleur que nous avons accumulée dans nos corps. Nous partons le lendemain, après une courte nuit de sommeil vers les sentiers suggérés par les dépliants qu’on nous a fournis. Il fait encore plus chaud que la veille… Je crois bien que ce jour-là, la température est monté jusqu’à 40C à l’ombre (106F) et il y avait peu d’ombre sur les pistes que nous parcourrions. Je dois bien avouer que, pour la première fois du voyage, j’aurais voulu me voir ailleurs que dans cette chaleur épaisse à gravir des sentiers comme une vieille chèvre des montagnes ménopausée, essouflée et sans énergie, dans des vêtements mouillés par la sueur, précédée, je dois bien l’avouer, par des compagnons beaucoup en forme que moi. J’avais même de la difficulté à apprécier le paysage qui se présentait à mes yeux. En regardant les photos que Marie a prises (moi, j’avais de la misère à traîner ma vieille carcasse), je constate que c’était bien beau et vous le constaterez vous aussi en cliquant sur le lien à droite. Je décide d’aller à la salle de bains des handicapés ou il y a un lavabo pour me laver avec une débarbouillette : il n’y a pas d’eau… Je trouve le courage malgré tout de cuire un sauté de crevettes à la vietnamienne. Après avoir fait la vaisselle, il fait toujours aussi chaud. Vous ai-je dit qu’il n’y a pas de douche sur le camping ? Je réussirai quand même à me laver un peu plus tard. Je rentre dans le West pour essayer de dormir vers 21H00, mais comme il fait très chaud, Marie reste assise dehors et verra un chevreuil sur le site (était-elle endormie…?). Même scénario que la nuit précédente : vents violents, fraîcheur… heureusement que l’auvent est fermé. Impossible de faire le café dehors le lendemain matin, le vent souffle sur le feu de nos poêles au gaz propane (idem la veille). A 10H00, tout est calme et la chaleur s’est installée. Après le passage d’une dinde sauvage sur le site des voisins, on lève l’ancre de nos West et nous voilà partis vers Bryce Canyon. |
13 juin 2007 Hier, après le lavage, Marie et moi sommes allées visiter une partie du « Rim » que nous n’avions pas encore vue : Abyss (l’abîme) ou sont nichés quelques dizaine de condors, derniers survivants de la race en Amérique du Nord. Il s’agissait aussi de l’endroit le plus profond du canyon et le plus à pic. Une marche de 8 minutes à partir du terrain de camping nous amène à un autobus de la ligne bleue qui nous transportera jusqu’à un point de transfert toujours de la ligne bleue; ce nouveau bus nous amènera jusqu’à un autre autobus, celui-là de la ligne rouge. Une heure après le départ nous arrivons à Abyss, point à partir duquel nous longerons pendant environ 2K l’escarpement de la montagne : vue imprenable que nous essayons quand même de photographier sans beaucoup de résultat; nous sommes si près de l’abîme que parfois nous serrons les branches d’un arbre pour éviter d’être happés par le vide. En bas, les sentiers qu’empruntent les randonneurs expérimentés tracent comme des cicatrices dans la chair rouge de la montagne. Après notre marche, nous reviendrons de la même façon au camping. Pendant que j’écris et que Marie conduit le Kokomali sur une route quasi déserte, un paysage de montagnes faites de strates rouges, beiges, grises et parfois vertes défile lorsque je lève les yeux du clavier. Impossible de prendre une photo qui puisse en rendre compte un tant soit peu : nous sommes comme dans un cercle et le paysage couvre au moins 270 degrés. Nous venons juste d’arriver à Marble Canyon, un endroit au milieu de nulle part ou il semble n’y avoir rien qu’un « ferry » qui mène Dieu sait ou. Nous venons de traverser la réserve Navajo, la triste réserve devrais-je dire, on n’y trouve que du sable, des rochers, un soleil ardent, quelques touffes de « tumble weeds », des bouquets de cabanes semées ici et là autour de quelques arbres, habitations très dépouillées ou vivent les autochtones. Je reviens à hier au moment de notre retour au site de camping. Nous y avons retrouvé nos amis et nous sommes parties Cécile et moi havre-sac contenant le portable au dos, en autobus, pour dénicher une connexion internet pour prendre des nouvelles et publier photos et blogues. Ce soir-là, au diable la dépense mon Johnny Boy, on sort « la belle Cécile » au resto de pizza à quelques miles du camping (ref: Têtes à claques). Belle soirée de paroles et de confidences dans un décor de casse-croûte. Comme le disait souvent ma mère : « L’important, c’est d’être ensemble ».
Nous pensons souvent à vous et nous avons été très heureux d'apprendre ce que Jacques a fait pour la fête de France. Bonne fête en retard; on se reprendra sûrement au retour.
D'autres récits sur Zion bientôt. |
11 juin 2007, autour de 17h00 Comment dois-je commencer le récit de ces quelques derniers jours encore chargés d’émotions nouvelles et de paysages à couper le souffle ? Commençons par situer le narrateur au moment présent : je déguste un bon verre de vin rouge Californien (cépage : Cabernet Sauvignon, petit détail pour mon ami Hugues) avec mes amis au retour d’une bonne douche qui a suivi une randonnée qui nous a menés au creux du canyon, une descente de plus de 1100 pieds sur une distance de 2.4K pour la descente et autant pour la remontée. Nous sommes fourbus mais les endorphines nous montent encore à la tête et nous nous contons nos exploits du jour en considérant qu’encore une fois nous avons été chanceux. Une journée fraîche nous a permis de parcourir le trajet assez facilement. Nous avions l’impression d’effectuer un pèlerinage pour nous imprégner de beauté afin de nous tenir compagnie les jours de mauvais temps. Nous avons marché sur un chemin qui borde le canyon et nous offre une vue constante sur les sculptures que forment les rocs des montagnes, rencontré quelques chèvres bien moins essoufflées que nous et des humains que l’effort semblait rendre heureux. Carpe diem, c’est aujourd’hui qu’il faut apprécier ce que nous offre la vie. 12 juin 2007, Grand Canyon Park, journée de lavage Au fil de chaque voyage, il y a des moments privilégiés qui ont marqué nos mémoires d’une façon ou d’une autre, des rencontres fortuites qui nous ont émus ou nous ont fait sourire ou encore nous ont troublés. Le jour de notre arrivée au Grand Canyon, nous nous sommes précipités vers ce qu’on appelle ici le « Rim », il s’agit en fait d’une route de plusieurs kilomètres que l’on peut parcourir en autobus (« shuttle bus » gratuit) et en partie en automobile et d’un sentier parfois asphalté, parfois en terre et en roches qui longe de très près le canyon et sur lequel on chemine à pied. De là nous avons fait la découverte du Canyon accompagnés de nombreux touristes émerveillés. Je n’arrive pas à évaluer la quantité de photos qui se prend à chaque seconde et encore, il faut dire que nous ne sommes pas encore véritablement en haute saison. Pendant notre promenade, nous rencontrons un homme et une femme âgés de près de 90 ans. Elle, elle se tient, un peu déséquilibrée, le genou appuyé sur le garde-fou et vise le paysage avec sa caméra numérique compact et lui, il met sa main dans son dos pour l’empêcher de vaciller et je sens dans ce seul geste quotidien la grande histoire d’amour qui les unit. Elle le regarde et dit : « Je n’aurais jamais pensé vivre assez longtemps pour voir une telle beauté… ». Les gens autour sont émus comme nous et elle reprend : « C’est lui le photographe… moi, je ne suis que celle qui l’accompagne, son épouse ». Nous voyons en effet qu’il porte au cou une caméra numérique beaucoup plus sophistiquée. Une femme assise sur le bord du parapet lui répond (ici ma traduction est peut-être déficiente) qu’elle est sûrement beaucoup plus que sa « douce moitié ». Le dimanche, en revenant d’une autre randonnée le long du « Rim », nous voyons un homme sortir d’une petite tente, habillé de pied en cap comme pour aller aux noces : chemise blanche bien repassée et pantalon noir au pli impeccable. « Dis-moi pas que les témoins de Jéhovah ont commencé à faire du porte à porte de tente…? » En allant prendre ma douche, j’ai lu sur le babillard qu’il y avait diverses célébrations de la parole autour de 18h00 un peu partout sur le site et ce, de ministres de plusieurs confessions. Quant à nous ce soir-là, nous célébrerons la rencontre du soleil couchant et des montagnes du Grand Canyon. Recueillis avec des centaines de personnes de plusieurs nationalités, nous écouterons le silence pendant que descendra lentement le soleil colorant les rochers de teintes orangées. Moment de grâce. Autres rencontres surprenantes : quatres wapitis aux panaches de velours qui traversent lentement la route en face de nous et une sitelle à poitrine blanche qui a fait un petit trou dans le contenant d’eau que nous laissons dehors et qui vient s’y abreuver. Il semble qu’il y ait une connexion Wi-Fi dans le parc, j’essaierai donc de prendre de vos nouvelles, de publier ce texte et les photos des derniers jours. Hier, on pense qu’on pourrait faire un grand party pour notre retour avec possiblement des prix de présence… Je n’en dis pas plus. Suite au prochain épisode. Note : Demain, on roule vers le parc de Zion qu’on devrait atteindre dans 2 jours
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