8 juin 2007, On profite encore ce matin d'une bonne connexion Wi-Fi et on vous salue une dernière fois de Las Vegas. Partis hier vers 16h30 pour la grande ville, on se perdra dans ses méandres qui tous mènent à une machine à sous. On prendra un souper dans un resto moyen de gamme, on marchera un peu dans ses rues clinquantes et éclairées comme en plein jour, on franchira des passerelles, prendra des escaliers roulants, fera la file pendant des heures pour obtenir une place au spectacle "O" du Cirque du Soleil et à 22h40 exactement on franchira les portes de la salle du Bellagio qui nous mèneront à cet extraordinaire spectacle que donne le cirque à Las Vegas. Las Vegas, le fait d'avoir assisté à cette représentation me réconcilie avec la trop grande mouvance de tes artères. Départ vers le Grand Canyon... A bientôt
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La vallée de la mort… La traversée du désert dans une tempête de sable… et Las Vegas, la démentielle… 5 juin 2007 Le vent siffle à mes oreilles pendant que je tape sur ce clavier rendu rugueux par le sable qui s’infiltre partout dans le Kokomali à chaque fois qu’on ouvre la porte. Je me suis même demandé si nous étions dans une région propice aux ouragans. Le toit n’est pas ouvert, la sueur me coule dans le cou (chaleur de ménopause ?) le West tangue doucement et Marie essaie de dormir un oreiller sur les yeux. Journée chargée d’émotions diverses. Partis de Bishop pour Death Valley, nous avons parcouru une route vallonneuse à l’excès. Nous avons traversé la vallée de la mort sous une chaleur intense. Lorsque nous sortions des véhicules, le souffle du vent semblait venir de l’enfer tant il était brûlant. Nous avons pris des renseignements pour camper sur les lieux mais cela s’est avéré impossible compte tenu de la chaleur et du vent qui, en s’engouffrant partout, charriait du sable dans nos moindres interstices. Les rangers semblaient nous dire que nous serions seuls à camper à cette période de l’année; les campings ne possèdent pas de douches mais des toilettes dont on peut tirer la chasse d’eau et les coûts sont réduits en cette période de l’année. Comme le camping en enfer n’est pas dans notre palette, nous avons décidé de pousser plus loin nos pérégrinations et nous nous sommes retrouvés à Pahrump, un genre de banlieue de Las Vegas ou nous avons obtenu un site de camping sur un terrain asphalté. Bonne bouffe, longue douche chaude qui arrive à nous enlever la couche de sable fin qui nous recouvre la peau, un peu d’écriture pour mieux emmagasiner toutes ces merveilleuses images du désert et ces expériences hors du commun, ces descentes vertigineuses et ses remontées ardues sur des routes à flanc de montagne, nous en avons le souffle coupé et nos West aussi, il va sans dire. Comme il n’y a presque pas de circulation sur ces routes, je dois dire que nous étions contents d’avoir deux véhicules au cas ou. (Je n’ai pas encore trouvé l’accent grave qu’on place sur le « u » sur ce clavier…). Les photos donnent une vague idée de l’austérité de ce paysage brûlé par le soleil mais combien fascinant . Il ne faut pas oublier qu’on a enregistré en 1913 la température la plus chaude en Amérique du Nord, 57C et ce, à Furnace Creek, l’endroit ou se trouvait le camping disponible… 6 juin 2007, Départ vers la cité de la folie inhumaine, vers la capitale du kitsch, vers la métropole de la superficialité, départ vers Las Vegas. Nous sommes heureux, nous avons passé une bonne nuit, pris deux bonnes douches (nous avions du retard), il fait encore soleil, le beau temps nous poursuit. Arrivés dans la ville du lucre et de la luxure à peine voilée, nous campons au KOA du « strip » tout près de « Circus, Circus ». Chanceux comme d’habitude, nous avons 2 sites côte à côte sous un des seuls arbres de cet immense stationnement, en face de la piscine (spa et sauna compris), près des toilettes et des douches. Nous partons faire un tour à pied sur le « strip » et sommes confrontés à la démesure de cette mégalopole du vice et de la prétention. Nous marchons, Marie et moi (Cécile et Pierre vont leur visite de la place à leur rythme) et nous découvrons le décor de cette capitale du jeu, car c’est un décor puisqu’il n’y a rien de vrai dans toute cette hypocrisie. Derrière cet étalage d’opulence se cache toute la misère d’un monde qui cherche dans l’argent un sens à sa vie. Tout est fonction du jeu. L’appât du gain est, avec la possibilité d’acheter les faveurs sexuelles de quelque jeune fille, la raison d’être d’un tel déploiement. Car l’argent achète tout, même le bonheur. Nous revenons chez nous dans notre Kokomali, revoyons nos amis qui prennent tranquillement un verre. Après le souper, je les laisserai tous les trois arpenté le « strip » habillé de ses plus beaux éclairages et je resterai tranquille au chaud dans notre véhicule. Je dormais quand Marie est entrée à la maison.
7 juin 2007 Aujourd’hui : repos et planification de notre séjour au Grand Canyon. Baignade, téléphone à quelques amis, écriture de blogue, transfert de photos. Ce soir, nous soupons dans la grande ville, nous plongeons dans son décor de théâtre, j’essaierai de me laisser impressionner par ses lumières aguichantes et de lui trouver si possible une raison d’être.
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Après avoir fait le plein d’eau et photographié deux ours qui folâtraient sur un emplacement de camping heureusement vacant, nous prenons la route vers Death Valley. Nous avons décidé de partir vers Tioga Pass et de ne pas nous rendre à Sequoia Park. Il faut bien faire des choix. En route vers ce col situé à plus de 9000 pieds au-dessus du niveau de la mer, les paysages sont si attirants que nous nous arrêtons partout sur le bord de la route pour en respirer la beauté et essayer tant bien que mal d’en saisir la quintessence sur pellicule. Nous avons sûrement cliqué plus de 60 fois en moins de 80 kilomètres tant le paysage est fascinant. Des rochers granitiques, des lacs d’eau pure ou se mirent des montagnes au toit couvert de neige, des routes qui surplombent, sans garde-fou, des gorges d’une profondeur vertigineuse, une marmotte qui nous fait un clin d’œil en bordure de la route et que nous ne manquons pas de photographier et même des asiatiques chaussés de sandales qui se lancent des boules de neiges sur le bord de la chaussée. Nous avons pris un dîner rapide dans nos West au son du claquement d’un drapeau américain face à un paysage de carte postale. Je décide de publier ce cours récit ainsi que les photos de la journée car nous avons ce matin une connexion internet au camping ou nous sommes installés. Direction Death Valley, il va faire chaud aujourd’hui. Comme Pierre le dit si bien, je vais savoir pourquoi j’ai chaud…
A plus tard... on publie nos textes quand on peut. alors ne vous inquiétez pas de nous.
Las Vegas, mercredi si tout va bien
Note: Les photos ne sont pas vraiment dans l'ordre de prise de vues
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31 mai, 16h30. Le soleil, la douce chaleur, l ‘odeur intense de « sapinage » sans les moustiques qui accompagnent généralement ces endroits de pure bien-être, les corbeaux qui croassent, Marie qui fait du PR avec les voisins, Cécile qui sirote un verre de vin rouge avec moi pendant que Pierre boit une bière en essayant de lire un dépliant écrit en anglais, nous voilà enfin loin de la civilisation, bien installés dans un site du camping « Crane flat » dans le parc national de Yosemite. « Vive les parcs nationaux » comme le dit Cécile. Nous respirons la belle chaleur du jour qui décline, en discutant des merveilles que nous voulons visiter dans les 3 jours qui suivront. Cécile et Marie, cartes en mains font leur travail de G.O. pendant qu’au loin, j’entends s’entrechoquer les tuyaux d’aluminum des tentes que les campeurs sont en train de monter. Hier, nous avons visité « Beringer Vineyard », goûté le vin, parcouru la route des vignobles et couché à Napa dans un parc; douche chaude, riz sauté au poulet et aux saucisses chinoises accompagné de merlot californien. Vraiment écoeurés d’avoir froid, nous avons cuit le plat à l’extérieur et monté la table dans notre véhicule pour manger. Une partie de cartes que Pierre et moi nous perdons, dodo et petit-déjeuner avec des gants (j’exagère à peine), et on prend le volant pour se rendre à Yosemite (presque 300K). Route sinueuse pour se rendre au parc, nos West sont essoufflés mais nous mènent à bon port. Aucune place n’étant disponible pour réservation, nous étions inquiets de devoir squatter avant de pouvoir intégrer le parc. Heureusement, il y avait beaucoup de choix de sites et nous nous sommes installés tous les quatre sur un grand emplacement. Les arbres s’élèvent si haut vers le ciel que les campeurs ressemblent à un peuple de liliputiens nichés avec leurs petites maisons entre les troncs. Nous devrons cacher toutes nos victuailles dans un bac prévu à cet effet sur notre site, car les ours apprécient beaucoup la nourriture des humains; on nous a dit qu’ils pouvaient même entrer par effraction dans nos automobiles. Pierre et Cécile ont décidé de garder une tube de pâte dentifrice à portée de la main et ce n’est pas pour en faire un sandwich (ref : « Têtes à claques »). « Cââlisse qu’on a du fun… » dixit Cécile et approuvé par Pierre. 1ier Juin 2007 autour de midi Je reprends la plume électronique pendant que Marie déguste un biscuit. Nous sommes au village de la Josemite Valley et nous venons de prendre un petit gueuleton composé de salades diverses pendant que Cécile et Pierre se sont laissé tenter par des hamburgers et des chips qu’on vendait près du Visitor Center. Ils viendront nous rejoindre dans quelques minutes pour une visite de la vallée. La nuit dernière, nous avons dormi d’un sommeil agité. Non, ce ne sont pas les ours qui sont venus nous chatouiller les orteils. L’endroit est silencieux mais comme l’emplacement pour les véhicules est plutôt raboteux, nous étions couchées la tête plus bas que les pieds. Nous placerons le West dans l’autre sens cette nuit. Le soir venu. Belles randonnées dans la vallée, température agréable. Les photos parlent d’elles-mêmes. Aujourd’hui, en voyant la petite rivière qui coulait entre ces grands arbres, j’ai pensé à celle qui m’attend chez moi et j’ai compris encore une fois comme la vie était bonne pour moi. Je pense à vous, mes parents, mes amis, et je vous salue en ce soir de pleine lune et vous souhaite une bonne nuit. À très bientôt. 2 juin au site de camping, au retour de notre randonnée dans Verna Trail. Aujourd’hui, journée d’exercice programmée par Marie pour sa gang de retraités. Mais avant de commencer le récit de cette aventure, j’aimerais me vider le cœur. Le parc national ou nous habitons depuis quelques jours est merveilleux : tranquillité, aucun bruit de circulation, voisins assez éloignés, soleil et ombre en proportion agréable, peu de vent, odeur de forêt naturelle, pas de moustiques ou si peu, prix très abordable (5$ par personne, par jour…), mais il y a un hic… les « poupou ». Je sais que je reviens souvent avec ce genre de discours scatalogique mais que voulez-vous, je trouve que c’est un gros « hic ». Dans ce genre d’endroit , il y a plusieurs boucles ou se trouvent des sites parmi lesquels nous pouvons choisir. Nous choisissons pour quatre nuits un emplacement dans la boucle 200 pour nous rendre compte que le système d’aqueduc est en réparation et qu’il y a des boîtes bleues qui nous sont fournies en guise de toilettes. On appelle ça des « toilettes sèches »… Mais d’ou vient ce nom ridicule, il n’y a rien de plus mouillée que ces appareils de torture : d’abord le plancher toujours humide quand ce n’est pas carrément un lac qui se trouve sous nos pieds, le siège humecté par l’utilisateur précédent, la cuvette remplie de liquide dont le niveau affleure parfois la lunette (là j’exagère un peu…). Vous entrez dans la boîte en question, soulevez le couvercle et essayez de poser un épais coussin de papier-cul sur la lunette et ce, en vous tordant le corps, car l’endroit est si exigu que vous avez peur de perdre pied et de tomber dans la fosse d’aisance (pourquoi ce nom de fosse d’aisance d’ailleurs, y a-t-il quelqu’un sur terre qui s’y sent à l’aise ?). Donc, de poser une couronne de Noel de papier-cul pour vous éviter d’avoir les fesses imbibées par les fluides corporels laissés par un campeur inconnu; un rouleau de papier plus tard (heureusement cela est prévu, il y a beaucoup de papier et il se déroule facilement), vous tentez de viser le trou avec votre derrière en essayant d’éviter le maudit urinoir à votre droite (voulez-vous bien me dire qu’est-ce que ça fait là à part d’occuper inutilement le peu d’espace disponible? Peut-il vraiment y avoir deux personnes en même temps dans ces cages ?) et le gros truc en plastique qui retient les rouleaux à gauche, car croyez-le ou non, le trou est légèrement décentré vers la gauche et vous risquez, surtout la nuit de vous humidifier les fesses en tombant à côté. Une fois assis, les genoux bien calés dans la porte, il ne vous reste plus qu’à essayer de faire ce pourquoi vous êtes entré dans cet enfer humide en espérant que l’odeur du lieu n’imbibera pas trop vos vêtements. Ouf! Je peux maintenant reprendre le cours de mon récit au moment du départ pour notre randonnée. Les américains sont vraiment incroyables pour l’organisation des « trails » dans le bois : ils ont asphalté une grande partie du chemin et installé des toilettes avec un aqueduc à mi-parcours. On comprendra donc qu’on ait rencontré des marcheurs en « babouches », en baskets, en bottes de randonnée (Cécile et Marie entre autres) et même une indienne en sari et pantoufles faites avec du « polar ». Moi, je portais des espadrilles et une genouillère puisque je savais que la route était toute en montée et mon genou droit tolère mal la descente. Environ au trois-quart du trajet, j’ai d’ailleurs laissé mes amis continuer une ascension de 600 marches taillées dans le granit pour atteindre un promontoire au dessus de Verna Falls. Quelques photos vous donneront une idée bien approximative du gigantisme des lieux et de la sensation de grandeur qui nous envahit. Heureux, un peu fourbus nous avons pris un bon souper de samedi soir et veillé au coin d’un feu de camp. 3 juin, au site de camping, peu avant le souper. Dimanche matin, le soleil est toujours au rendez-vous et nous décidons de visiter Glacier Point. Une route en lacets nous y mène et nous ne regretterons pas les 64 miles que nous avons parcourus pour observer la nature dans toute sa splendide démesure. Présentement, il est 18H00 et nous programmons les routes pour les prochains jours. Destination inconnue à cette heure. Cécile et Marie discutent autour de cartes en papier pendant que je travaille avec le logiciel Street and Trip pour m’y retrouver. Aujourd’hui, j’ai bien failli pouvoir publier le blogue et prendre de vos nouvelles mais malheureusement la connexion promise par le Yosemite Lodge ne fonctionnait pas. J’ai hâte de vous lire. A demain peut-être. |
Arrivée au camping KOA de Cloverdale. La chaleur est au rendez-vous. Pendant que Marie et Cécile sont à la laverie, Pierre et moi, décidons d’aller faire saucette à la piscine du coin. Il faut bien que quelqu’un s’occupe de tenir compagnie à Pierre pendant que les filles font le lavage. Qui d’autre qu’une hybride pour ce travail difficile ? Arrivés sur place Pierre me dit en se glissant à l’eau : « Je me gèle les boules… » Et moi de lui répondre : « Moi aussi. » Bien qu’il s’agisse dans mon cas d’un autre genre de boules, voilà une conversation bien masculine. Cela a l’heur de plaire à mon ami et nous commençons à nager nonchalamment parmi une dizaine de personnes qui profitent du soleil et de l’eau tiède. Depuis le début du voyage nous pouvons nous dire des tas de niaiseries à haute voix puisque nous sommes dans le pays des anglophones. Cette fois-ci, nous avons été bien surpris d’entendre une dame chicaner ses deux enfants noirs dans la langue de Molière. Heureusement, elle n’a pas pû nous comprendre puisqu’elle parlait un français européen. Nous avons bien rigolé quand même Pierre et moi. Ne vous inquiétez pas pour Marie et Cécile, elles ont eu la chance de prendre une bonne plonge dans la piscine elles aussi. Pierre et moi avons fait notre part pour le nettoyage des vêtements. Le soir, des nouilles sautées au tofu pour Marie et moi et du poulet grillé avec pommes de terre et légumes pour Cécile et Pierre. Nos amis ne sont pas amateurs de tofu. Pourtant, j’ai bien essayé de leur en faire goûter mais il n’y a rien à faire : Pierre a peur de « tomber en santé, d’un coup sec »… Grasse matinée le lendemain, réveil à 8H00. Nous visiterons des vignobles et une charmante bourgade typiquement californienne nommée Healdsburg. Les photos vous ferons voir la beauté des lieux visités. Au retour, beaucoup de furetage sur internet, la connexion est bonne. Nous réglons, Cécile et moi, nos affaires, publions nos photos et rédigeons nos blogues. On se propose de visiter le Beringer Winery demain, puis de passer quelques jours à Yosemite. Comme il n’y a même pas de douches dans ce parc, il assez improbable que nous puissions publier des nouvelles de nous. Nos blogues seront muets mais reviendront en force après notre séjour. Note pour mes belles-sœurs : Je crois bien que je vous rejoins dans les affres de la ménopause : j’ai CHAUD… Il était temps me direz-vous, mais on trouve que c’est toujours trop tôt pour rougir sans raison… A betot, comme aurait dit ma grand-mère. |
Ecrit en roulant sur la route des vins dans la vallée de Napa, le dimanche 27 mai. Chaque fois que je lève la tête de ce clavier, des plants de vigne accrochés à des tuteurs, semblables à de tout petits épouvantails les bras en croix, se tiennent côte à côte en rangs serrés. Des bouquets de vin. Je ne vois pas les raisins même si les plants sont parfois à seulement 2 mètres de la route mais le soleil est enfin là, la température est idéale et je suis ivre de beauté.
Je reprendrai donc le récit de ce voyage au moment du vol de la fraise dans un champ qui longe le camping, le matin du 24 mai, à Watsonville, au Sunset Campground. Rappelons-nous qu’il faisait froid ce matin-là, que nous avions dormi avec la chaufferette au gaz propane et que nous espérions toujours que ceux qui nous avaient promis des chaleurs torrides ne se soient pas trompés. Je suis sortie pour prendre quelques photos avant le petit-déjeuner et je n’ai pû résister à l’envie d’agrémenter mes céréales avec un fruit de la région. Marie a même partagé le fruit de ce larcin avec moi. Nous mangeons à l’intérieur des véhicules et nous partons confiants de pouvoir nous reposer puisque nous sommes très près de San Francisco. Très mauvaise évaluation. Nous finirons par entrer dans San Francisco avec nos véhicules alors que nous avions prévu de ne pas y aller, par nous perdre au centre de la ville à la recherche d’un centre d’information touristique qui se cachait sous terre, édifice que nous avons finalement découvert le lendemain en marchant, par chercher vainement un camping pour petits véhicules et par trouver un camping pour tortues ou on ne voulait pas de nous (accessible aux piétons portant tente et bagages sur leur dos pendant des miles…) et plus tard, beaucoup de trafic plus tard, par trouvé un RV parking… (RV park à Larksburg) ou nous avons pû stationner notre petit West entre deux monstres déjà couchés là pour la nuit. Il faut dire que nous avons compté sans le « Memorial Day », long week-end pendant lequel les américains se transforment en touristes dans leur pays et les places de camping disponibles se font rares. C’est la première fois que nos deux West font chambre à part. Il n’y a pas de sites contigus : Kokomali et l’Escargot se tourneront le dos toute la nuit même si leurs habitants se parlent encore. Nous mangerons nos restants pour souper, trop fatigués pour faire l’épicerie. Nous n’avons d’ailleurs rencontré ce soir-là que des RV puisque les gens qui y vivent se montrent peu à l’air libre; même les douches et les salles de bains sont libres à chaque fois qu’on veut les utiliser. Malgré le fait qu’il soit très cher (91$ pour chaque véhicule pour 2 nuits) et assez bruyant, la situation du Marin RV park offre l’avantage certain de nous permettre de marcher pour prendre un ferry qui nous amène à San Francisco, la grande, la brumeuse, la froide cité. Mark Twain, qui y vivait, aurait dit : « L’hiver le plus froid que j’ai passé, je l’ai passé l’été dernier à San Francisco ». Je vous parlerai peu de notre visite dans la grande ville, les photos que j’ai publiées sont assez éloquentes. Qu’il suffise de dire que nous avons arpenté les rues du quartier chinois, pris le tramway, l’autobus et le ferry pour nous déplacer, marché et marché dans les rues et le long des « pier », photographié de belles maisons victoriennes, rencontré beaucoup de SDF le long de notre parcours, vu des Lions de mer, embarqué à bord d’un bateau pour nous rendre à Alcatraz (prison à sécurité et à humidité maximum, fermée depuis 1963), pris un très bon souper arrosé de deux bouteilles de vin rouge californien, dans un bistro italien près du port et frissonné pendant nos deux jours de randonnée urbaine. Je me répète : je pense que je préfère la luxuriante nature de l’Ouest américain à ces visites de grandes villes. Je passerais bien à côté de Las Vegas sans y jeter un œil, si mes compagnons de voyage (tous les trois sans exception) n’avaient décidé que c’était une visite incontournable. Hier, revenus de la ville par le ferry de 16h30, nous mettons le cap vers China Camp, un state park qui pouvait nous accueillir pour une nuit dans le stationnement pour nous accommoder (moyennant 50$, mais c’est la Californie…) Nous y dormirons bien au chaud (avec la chaufferette) et bien tranquilles, réveillés seulement par les dindons sauvages. Nous partons avec l’idée bien arrêtée de parcourir peu de kilomètres et de nous assoeir quelque part pour essayer de s’ennuyer un peu pendant quelques heures en regardant le temps se faire chauffer au soleil. Sur la route, nous arrêtons pour fureter dans un marché en plein air, goûtons aux fruits de saison et aux produits maraîchers offerts et repartons peu avant midi. Nous arrivons au Sugar Loaf State Park peu de temps après. Après avoir parcouru quelques kilomètres d’une route en lacets, nous pensons être au bout de nos peines et pouvoir enfin nous reposer mais c’était sans compter qu’il n’est pas possible de payer avec une carte de crédit dans les parcs d’état. Nous vidons toutes nos poches, même les quarters y passent et il nous manque 10$. Nous avons dépenser nos liquidités dans ce beau marché en plein air. Impossible de réserver notre site même pour quelques heures. Demi-tour vers un guichet ATM dans la ville la plus proche : Oakmont, petite agglomération qui n’abrite que des retraités (ma pauvre Lucette, en voir autant d’un seul coup, tu en aurais bien pleuré). Détour par un dépanneur haut de gamme pour quelques provisions, on mange une bouchée et on repart vers la route en lacets. Nous aurons finalement un site dans un agréable décor et nous pourrons enfin libérer nos pieds engoncés dans nos espadrilles de marche puisqu’il fait assez chaud aujourd’hui pour troquer le pantalon long contre une paire de shorts et la chaussure contre la sandale. Fatiguée de la ville, je n’ai qu’une envie : me laisser envahir par le silence et me laisser tomber dans le foin jaune qui tapisse le terrain. Je pourrai me rouler dans ce soleil mais j’oublierai mes envies de silence puisqu’il y a des centaines d’enfants ici en cette veille du Memorial Day. Peu importe. Chacun de nous décompresse à sa façon : Cécile a mis ses mémoires à date et fait maintenant du Sudoku, Marie est partie prendre une marche dans les environs, Pierre est couché et moi, je joue avec des mots. Bon souper de pâtes au saumon fumé avec asperges fraîches (achetés au « market »), courte discussion sur le plan de route pour les prochains jours, partie de cartes et dodo. |
Un petit message vite, vite pour que Françoise ne s'inquiète pas. Publié dans le stationnement d'un Chevron en cachette de mes amis. Connexion internet soudainement apparue. Cliquez pour les photos, le texte suivra quand j'aurai le temps. |
Mardi, le 22 mai 2007 en roulant vers Big Sur. Sommeil au son des vagues de l’océan et réveil à celui d’une tondeuse à gazon. Petit matin brumeux, sans horizon; douche à peine chaude, bon café, liaison internet pour lire quelques messages reçus pendant notre nuit (3 heures de décalage), et bonheur d’être ensemble à manger les crêpes à l’avoine de Cécile. Accrochés sur le toit des montagnes, parfois le bleu du ciel, parfois des dentelles de brume. Californie, la mythique Californie. En route vers San Francisco, les deux mains sur le volant d’un Westfalia, je suis heureuse comme si je vivais à rebours un road-trip des années 70. À cette époque-là, occupée à gagner ma croûte, je n’ai pas pris le temps de faire des folies. Je ne regrette rien, c’est tellement plus agréable d’être jeune à 56 ans…La tête est plus sage et le cœur moins tourmenté. Nous roulons maintenant un peu à l’intérieur des terres. Dans le vallonnement du paysage, alternant avec des collines chauves, apparaissent des plants de vigne au garde-à-vous. On les dirait montés sur des échasses pour emmagasiner le plus de soleil possible dans leurs fruits. Tout au long de la route, nous verrons aussi, faisant des taches colorées dans la verdure des champs, courbés vers la terre, quasi immobiles, des travailleurs mexicains. La brume nous enveloppe à nouveau puisque nous approchons de la mer. Arrêt précipité. On dépasse l’Escargot puisque le walkie-talkie de nos amis est fermé et on leur signale qu’on veut s’arrêter : Marie vient de se faire attaquer pour la deuxième fois du voyage par une bestiole ailée. Arrêt au bord de l’océan pour lui prodiguer les premiers soins. Le tee-shirt enlevé, on lui applique un baume pour calmer la douleur et réduire l’enflure. Comme la bretelle de son soutien-gorge semble vouloir frotter sur la piqûre, Pierre qui était tranquille près de nous à observer les manœuvres, lui offre gentiment de se mettre à l’aise et d’enlever cette pièce de tissu incommodante. Quel délicatesse de sa part…! Nous avons secoué le gilet pour nous assurer que l’insecte coupable était parti (il y avait deux petits trous dans la peau tendre de Marie) mais peine perdue, rien n’est tombé. Ce n’est qu’en voulant reprendre place sur le siège du conducteur que Marie a vu l’abeille plier en deux, les ailes brisées, essayant d’échapper à notre courroux. Condamnée à mort « sans autre forme de procès » comme le dit si bien mon ami Lafontaine, un coup de tapette magique et la coupable est morte électrocutée (voir photo de l’abeille agonisante). Note de l’auteur : La tapette magique est une arme à distribution non restreinte pour électrocuter les « mosquitoes » qui oseraient élire domicile dans le West de Cécile et Pierre. Il s’agit d’une raquette dont le manche contient une batterie. Quand on enfonce un petit bouton, la mouche qui se présente les ailes dans les filets de la raquette rend l’äme immédiatement avec un petit bruit agréable aux oreilles de ceux qui se grattent. Autre arrêt « imprégnant » (clin d’œil à Lucette) au milieu de l’après-midi. Une colonie d’éléphants de mer se fait chauffer la graisse au soleil de l’après-midi. Petite promenade pour admirer les courtes batailles de quelques mâles épris de la même femelle, courtes batailles car elles sont vite essouflées ces grosses bêtes. La route qui longe la côte du Pacifique est une des plus saisissantes qu’il m’ait été donné de voir. Ceux qui nous en ont parlé avant le départ avaient raison, je pense à Hugues, à Robert, à Lucette et sûrement à André et Monique qui nous ont écrit hier. Les photos ne peuvent rendre qu’une infime partie de la grande beauté de cette nature sauvage. France et Jacques, je vous imagine en moto dans ce décor, de quoi avoir des frissons à chaque détour de route. Nous arriverons un peu tard au camping ou nous serons accueillis par une allée de grands Redwood. Bouffe asiatique (recette de crevettes au sésame que j’ai inventée pour la circonstance), feu pour se réchauffer (il fait plutôt froid), vaisselle et dodo. 23 mai 2007, Santa Cruz, à environ 120K de San Francisco Je regretterai de ne pas avoir installé la chaufferette hier à Big Sur mais je n’y manquerai pas cette nuit. Présentement, 17h00, il fait 8C. Cécile, emmitouflée dans une couverture fait du Sudoku dehors pendant que Pierre boit une petite « frette », que Marie est partie prendre une marche sur la plage et que j’écris ces mots enfermée au chaud dans le Kokomali. Merci encore de nous écrire. Ce soir, il n’y a pas de connexion mais je publierai ce texte sur la route demain. Je vais placer un lien à gauche de la page « PHOTOS DE VOYAGE » ou vous pourrez cliquer pour voir toutes nos photos. Je pense bien que bientôt, Cécile fera la même chose sur son blogue. Note pour Ginette et Lucille : Aujourd’hui, j’ai vu un vitrail à vendre sur le quai de Monterey. Je me suis approchée pour voir les soudures et j’ai constaté que nos vitraux sont mieux faits que celui-là. |
Retour sur les derniers évènements. Le temps est gris depuis quelques jours et il fait beaucoup moins chaud. Je porte un polar et je suis assise dans le West à écrire ces mots en guise de mémoire pour le retour, pendant que Marie accompagne Cécile et Pierre dans une marche autour de ce camping de Carpinteria au nord de Los Angeles. Moi, j’ai fait mon exercice avant le souper (avec Marie bien sûr, puisqu’elle est de toutes les randonnées…) pendant que Cécile et Pierre téléphonaient à la parenté avec skipe. Aujourd’hui, nous avons parcouru environ 350K mais ce fut une journée plutôt éprouvante pour ceux qui conduisaient le véhicule. Circulation intense sur ces autoroutes qui relient San Diego et Los Angeles; la plupart du temps 7 voies de chaque côté. Étourdissant, je vous le jure quand on essaie de suivre un itinéraire. Heureusement que Julie nous dit ou aller (Julie c’est la voix du GPS). Insensées, ces routes qui traversent des villes ou sont nichées des maisons de millionnaires qui côtoient des taudis. Nous avons voulu éviter la ville de Los Angeles en circulant près de la côte du Pacifique; nous avons cependant dû y entrer pour y faire provision de victuailles pour l’heure du dîner. Désolant, ce détour par la grande ville. Nous y avons trouvé des gens peu amènes, à l’air renfrogné et qui semblaient nous reprocher d’être là. Peut-être que cette impression est due à la grisaille du temps qui s’était installée en moi ou peut-être à la faim qui me tenaillait en ce début d’après-midi. Toujours est-il que nous étions heureux de sortir de ce lieu moins accueillant pour se retrouver dans un « beach park » pour y passer la nuit. Je reviens par contre sur les deux jours passés à San Diego, une ville humaine en autant que cela soit possible ; je retiendrai de cette agglomération, son odeur agréable, ses couleurs flamboyantes et le gigantisme de sa végétation, la lenteur des promenades dans ses parcs et le plaisir de participer à une grande aventure dans ses rues arpentées par la foule éclectique d’une grande cité. J’ai aimé cette ville, mais je comprends que je préférerai dans ce périple, les moments passés dans les grands espaces, dans le silence des déserts, dans l’odeur des forêts, dans les grottes, les cavernes, à ceux passés dans la mouvance des cités humaines, là ou il me semble faire face à la course vers un inéluctable destin. Je vous quitte et je vous salue mes amis qui lirez ces mots en souhaitant y être vous aussi, peut-être. Je vous embrasse avant de sombrer dans un sommeil de campeur et j’espère lire vos mots si le cœur vous en dit. Bonne nuit… et bon matin. |
Dimanche soir, le 20 mai. Samedi, nous sommes passés de la chaleur intense du désert à la température beaucoup plus confortable de San Diego (ciel couvert, autour de 23C). La ville nous a bouffé beaucoup d’énergie pendant cette fin de semaine puisque nous avons voulu nous en imprégnés en parcourant ses artères, ses parcs, ses sentiers, ses rues. Une visite que nous avons faite en marchant surtout et en prenant un trolley qui nous faisait parcourir les incontournables sites touristiques en nous permettant des arrêts pour visiter les principaux attraits. Je suis fatiguée, mes vieux genoux n’en peuvent plus et mon corps aspire au sommeil. Je pense à vous qui me lirez peut-être au début de la semaine et je vous laisse sur ces photos pleines de couleurs et de vie.
Des saluts à vous tous, silencieux ou non.
http://picasaweb.google.fr/Maripilise
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